Et si on parlait un peu de nos prisons ?

En belgique on a coutume de dire qu' un détenu est << comme un coq en pâte>> qu'il y en a qui font exprès de se faire mettre en prison etc etc ... Je vais vous communiquer à présent quelques statistiques qui vous feront vite comprendre qu'il faut être un peu fou pour vouloir être logé aux frais de la princesse .. Le but ici n'est pas de dire qui a raison et qui a tort , mais de se demander tout simplement comment au 21 ièmme siècle on peut encore, dans la capitale européenne, se comporter comme tel avec nos concitoyens et avec des demandeurs d'asile . Les infos que vous lirez ci-dessous sont des statistiques authentiques de 1999 vérifiées par le rapport d'observation sur les conditions de détention . Ce qu'il faut savoir : La population carcerale au 15 décembre 1999 est de 8454 détenus. La population carcerale feminine est de 333 au 15 décembre 1999. Quand une personne ce fait arreter elle est dans un premier temps emmenée au poste de police , lors de cette étude ils ont remarqué que par exemple le local de garde à vue du poste de police d'Ixelles était de 2,2m² , quant à celles du commissariat de la police communale, rue des Palais à Schaerbeek elles ont une surface de 2,5 m² , et l'aération est totalement insuffisante . C'est ce qui est sans doute le moins grave quand on lit ce rapport , en effet par exemple dans les prisons les cellules sont séparées des toilettes par un paravant , bah qu'est ce que c'est me diriez vous , imaginez passer 20 ans enfermé dans la moitié de votre salon avec un w.c sans porte dans la même pièce où toute la famille vous observe à chaque fois que vous y aller , je suis d'accord que certains détenus n'ont plus aucune humanité en eux et qu'ils méritent sans aucun doute la peine qu'ils prennent , mais est-ce pour autant une bonne raison pour se conduire comme des barbares ? Aux Etats-Unis, début des années 90, ils avaient décidé de créer des prisons Super Max , ce sont des prisons où le détenu est seul par cellule; elles sont coulées d'une seule pièce dans un moule de bêton spécial donc lisse, et toutes identiques sans aucune once de vie. Le prisonnier est obligé d'y rester enfermer 23h sur 24, 365 jours par an il a droit à 1h de sortie mais individuellement par jour, et il n'y a pas de cantinne ,ils mangent en cellule. Il existe à ce jour 53 prisons de ce genre aux USA dans 30 états , voilà l'autre extrémité et visiblement c'est aussi totalement inutile car en sortant , imaginez un type qui a fait 10 ans dans ces conditions la rage dont il est capable ..... Visiblement ils ont compris leur erreur car les Super Max sont appellées à fermer à court terme . Vous l'aurez compris je ne pense pas qu'un détenu, après un crime grave aie droit à un hôtel de luxe , ou inversément à une cave sans lumière , montront nous responsable de la société que nous avons créé en acceptant de les prendre en charge dignement . Abordont à présent certains points du quotidien comme les soins médicaux l'hygiène etc.. L'hygiène : Les détenues ont droit à deux douches par semaine. Celles qui occupent des postes de travail particuliers, par exemple à la cuisine, peuvent prendre une douche par jour. Au centre 127, les sanitaires sont très vieux, en 1997. Des odeurs nauséabondes s'en dégagent. Au centre de rétention de Bruges, les lavabos n'ont que de l'eau froide, en 1998. Les soins médicaux: Les personnes détenues n'ont pas un accès aux soins équivalent à celui qui existe dans la société. Le secret médical n'est pas toujours respecté. L'administration pénitentiaire n'a pas de politique de prévention du sida. L'information préventive est le plus souvent inexistante. L'accès au matériel de prévention, comme l'eau de Javel pour stériliser les seringues, est impossible ou difficile. Les personnes détenues ne sont pas autorisées à faire appel à leur médecin traitant, à moins d'en faire expressément la demande. Cette requête attend parfois plusieurs semaines avant d'être examinée. La drogue reste l'un des problèmes majeurs. Les soins prodigués aux détenues toxicomanes sont insuffisants. À leur arrivée en prison, leur traitement à la méthadone est suspendu, soit du jour au lendemain, soit par sevrage. Les autorités prescrivent alors la prise de médicaments, qui devient un phénomène inquiétant dans les prisons. Dans la plupart des établissements, le sevrage est uniquement physique. Les traitements sont généralement interrompus selon un programme dégressif rapide de quelques jours. À Lantin, un traitement à la méthadone peut être appliqué par décision du médecin psychiatre pendant une période de 5 à 10 jours. Le transfert ou les consultations en milieu hospitalier sont rendus difficiles par le manque de disponibilité des escortes de gendarmerie, provoquant des délais d'attente importants. Des personnes malades mentales sont maintenues dans les annexes psychiatriques des prisons pendant plusieurs mois avant d'être transférées dans des établissements de protection sociale. L'annexe psychiatrique de Lantin ne possède ni le personnel ni les infrastructures d'un milieu hospitalier psychiatrique. Un psychiatre intervient 12 heures par semaine. En 1997, il est aidé par un psychiatre en formation, 20 heures par semaine. Une psychologue est affectée à mi-temps à l'annexe psychiatrique, en 1997. Elle met en place des activités comme le yoga ou des activités artistiques. À Lantin et à Mons, en l'absence d'infirmiers à l'annexe psychiatrique, les patientes sont confiées à la surveillance de membres du personnel pénitentiaire, assistés de détenues, en 1997. Seuls les cas les plus lourds peuvent donc être pris en charge par les annexes psychiatriques de ces deux établissements pénitentiaires et aucun suivi n'est envisageable pour les personnes toxicomanes. Voilà en gros comment ça se passe dans nos prisons belges , alors la question de la récidive ne se pose quasiment plus car comment voulez -vous qu'un type qui prend 5 ans dans de telles conditions ne soit pas véritablement amère à sa sortie ? Il est vraiment temps de mettre en place une véritable infrastucture psychiatrique nottament pour les détenus condamnés pour actes sexuels , sinon je ne vois vraiment pas comment les choses pouront changer, la Belgique a cette maladie d'être toujours devant le fait accompli pour agir , mais il est plus que temps de changer cette situation , car ici on ne parle pas de briques ou de beignets mais d'êtres humains ...
Pour plus d'infos sur le sujet voici quelques liens......Mr Pipo..
http://www.oip.org/ observatoire international des prisons
http://www.oipbelgique.be la section Belge de L'OIP
http://www.dsb-spc.be/productie/index.php/statistiques/527/0/ si vous souhaitez obtenir les chiffres plus récent
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